Pourquoi les événements d’entreprise en semaine marchent mieux que le vendredi soir

Le vendredi soir semble être le choix évident. La semaine est terminée, les gens sont libres, il n’y a pas de lendemain difficile. En réalité, c’est l’un des pires créneaux pour organiser un événement d’entreprise qui fonctionne vraiment. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté c’est une question de biologie, de logistique et d’état d’esprit.

Le vendredi soir : le créneau qui semble parfait et ne l’est pas

Le vendredi soir concentre un ensemble de facteurs défavorables qu’on sous-estime systématiquement.

La fatigue d’une semaine entière. Les études sur la productivité au travail sont unanimes : le vendredi est le jour où l’énergie des collaborateurs est la plus basse. Selon une étude menée sur plus de 200 000 tâches par Redbooth, les employés n’accomplissent que 11 % de leurs tâches hebdomadaires le vendredi, contre 20 % le mardi. Ce n’est pas de la paresse, c’est de la physiologie. Cinq jours d’efforts cognitifs et émotionnels produisent une fatigue réelle qui ne disparaît pas à 18h.

Les contraintes personnelles. Le vendredi soir est le créneau le plus chargé en engagements privés de toute la semaine : famille, enfants, sorties, week-end qui commence. Selon le baromètre Ipsos sur la parentalité au travail, 91 % des parents salariés ont modifié au moins un aspect de leur vie professionnelle depuis l’arrivée d’un enfant et le vendredi soir est l’un des moments les plus protégés. Demander aux collaborateurs de sacrifier ce créneau pour un événement d’entreprise, c’est leur demander de choisir entre l’entreprise et leur vie personnelle. La réponse est rarement enthousiaste.

Le sentiment d’obligation. Un événement organisé en dehors des heures de travail crée une ambiguïté inconfortable : est-ce obligatoire ? Est-ce qu’on sera mal jugé si on n’y va pas ? Ce flottement produit des gens présents physiquement mais mentalement ailleurs ce qui est le pire état pour un événement censé créer de la cohésion.

Ce que le mardi ou le jeudi soir changent

Un événement organisé en milieu de semaine, en soirée, opère dans un contexte radicalement différent.

Les collaborateurs sont dans leur rythme. L’énergie de début de semaine n’est pas encore épuisée, les contraintes du week-end ne commencent pas encore à peser. L’événement s’inscrit dans la continuité de la semaine de travail plutôt qu’en opposition avec la vie personnelle.

Il y a aussi un effet d’intégration dans le flux. Quand l’événement commence à 19h un mardi, les gens quittent le bureau pour aller à l’événement. La transition est naturelle, le mode professionnel encore actif, l’engagement plus facile. Quand il commence à 19h un vendredi, les gens quittent mentalement le bureau pour aller à l’événement ce sont deux dynamiques très différentes.

Enfin, un événement en milieu de semaine ne créé pas de friction avec le week-end. Les gens savent qu’ils rentreront chez eux à 22h ou 23h et auront le lendemain pour souffler. Il n’y a pas de calcul mental sur ce qu’on sacrifie.

Le cas particulier du jeudi soir

Le jeudi soir est souvent le meilleur compromis. L’énergie de la semaine est encore suffisante pour que les gens soient présents et engagés. Le lendemain est une journée de travail ce qui limite naturellement la durée de l’événement et évite les débordements tardifs. Et psychologiquement, le jeudi soir a quelque chose du vendredi un goût de fin de semaine imminente qui détend l’atmosphère sans produire la fatigue du vendredi réel.

C’est pour ces raisons que les événements professionnels comme les cocktails d’affaires, dîners de networking, soirées clients se tiennent majoritairement le jeudi soir à Paris. Ce n’est pas une coïncidence.

Quand le vendredi soir peut quand même fonctionner

Il y a des cas où le vendredi soir reste pertinent, à condition d’adapter le format.

Quand l’événement est clairement festif et non professionnel : une soirée de fin d’année très assumée, un format détente et célébration. Dans ce cas, la fatigue de la semaine devient presque un avantage, les gens ont envie de lâcher prise.

Quand le groupe est jeune et sans contraintes familiales lourdes. Un vendredi soir avec une équipe de vingt-cinq ans sans enfants ne pose pas les mêmes problèmes qu’avec une équipe de quarante ans avec trois enfants chacun.

Quand l’événement se prolonge sur le week-end, un séminaire résidentiel qui commence le vendredi soir et se termine le dimanche, par exemple. Dans ce cas, le créneau s’inscrit dans une logique différente.

Ce que ça dit de l’organisation

Choisir le bon créneau pour un événement, c’est aussi envoyer un signal sur la façon dont l’entreprise considère ses collaborateurs. Organiser systématiquement les événements le vendredi soir, c’est dire implicitement que le temps personnel des équipes est disponible par défaut. Choisir un créneau qui respecte le rythme naturel de la semaine, c’est dire le contraire.

Ce n’est pas un détail. Selon le baromètre de l’Observatoire de la Parentalité en Entreprise, 68 % des salariés français déclarent manquer de temps, et l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle est en tête des priorités pour 59 % d’entre eux depuis la crise sanitaire. Un événement qui respecte ce temps disponible est perçu très différemment d’un événement qui l’empiète.

Le bon créneau n’est pas celui qui semble le plus pratique sur le papier. C’est celui qui correspond à l’état d’esprit dans lequel vous voulez que vos invités arrivent : présents, disponibles, engagés. Et ça, c’est rarement le vendredi soir.

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